Fiche · Fromages

Morbier

Le morbier se reconnaît à la raie sombre qui traverse sa pâte à mi-hauteur. Le récit courant veut qu’elle vienne d’une cendre déposée sur le caillé de la traite du matin pour le protéger en attendant celui du soir. Aujourd’hui, le cahier des charges impose du charbon végétal et non de la cendre de bois, et les deux caillés sont fabriqués dans la même journée — la raie est devenue un signe d’identification plus qu’un vestige.

TypePâte pressée non cuite
OrigineMassif du Jura, Franche-Comté, France
LaitVache Montbéliarde ou Simmental française, cru
FamillePâte pressée non cuite, croûte morgée
Signe distinctifRaie centrale horizontale, au charbon végétal
AffinageQuarante-cinq jours minimum
Signe de qualitéAOP — aire du massif jurassien, deux races, lait cru, alimentation sans ensilage, affinage minimum de quarante-cinq jours

La raie, le récit et le règlement

L’histoire de la cendre protégeant le caillé du matin circule partout, et rien ne permet de la dater précisément ni de la vérifier. Ce qui est certain, c’est que l’AOP impose aujourd’hui une raie centrale obtenue au charbon végétal, appliquée entre deux couches de caillé. Elle n’apporte aucun goût, ne joue aucun rôle technique, et sert uniquement à identifier le fromage. Un morbier sans raie ou avec une raie irrégulière ne relève pas de l’appellation.

Ce que l’AOP encadre

L’appellation couvre une aire du massif jurassien, largement superposée à celle du comté, et n’admet que la Montbéliarde et la Simmental française. Elle impose un lait cru, une alimentation sans ensilage, et un affinage minimum de quarante-cinq jours en cave, avec frottages à la morge et retournements. La pâte reste souple, ivoire, avec quelques ouvertures, et un goût lacté un peu fruité qui ne ressemble pas au comté malgré le voisinage. Une mention fermière existe pour les fabrications à la ferme avec le lait d’un seul troupeau.

À table

Il fond correctement et supporte les préparations chaudes, boîte chaude ou morbiflette, sans jamais valoir un mont d’or pour le fondant. Sur un plateau, il demande un blanc du Jura ou un rouge léger, et un pain de campagne. Sa souplesse le rend facile en cubes à l’apéritif, où il ne rebute personne.

Valeurs nutritionnelles

Valeurs moyennes pour 100 g, d’après la table CIQUAL de l’ANSES.

Pour 100 gQuantité
Énergie355 kcal
Matières grasses29,2 g
— dont acides gras saturés19,2 g
Glucides0,0 g
— dont sucres0,0 g
Fibres0,0 g
Protéines22,8 g
Sel1,41 g

Source : ANSES-CIQUAL 2020 (« Morbier »). Valeurs indicatives pour un produit courant ; elles varient selon la marque, l’affinage ou la recette. Aucune allégation de santé.

Ce que cette fiche n’établit pas. Les prix, les producteurs, la date d’obtention de l’AOP et l’origine historique réelle de la raie centrale ne sont pas établis ici. Nous ne publions pas une information tant que nous ne l’avons pas vérifiée.