Trois cépages, trois sols
Le nielluccio donne des rouges tanniques, sur la cerise noire et le maquis, avec une acidité qui rappelle sa parenté toscane. Le sciaccarellu, cépage à peau fine, produit des rouges pâles et des rosés de gastronomie, marqués par le poivre et le fruit rouge frais. Le vermentinu, appelé rolle en Provence, donne des blancs à l’amertume finale caractéristique, sur la poire, l’amande et l’anis. Le Cap Corse ajoute le muscat blanc à petits grains, vinifié en vin doux naturel. Des variétés plus rares ont été replantées ces dernières décennies, biancu gentile, minustellu, carcaghjolu, mais leur diffusion reste limitée.
Ce que garantissent les appellations
Patrimonio délimite une aire autour du golfe de Saint-Florent et impose le nielluccio en cépage principal des rouges, le vermentinu seul pour les blancs. Ajaccio repose sur le sciaccarellu majoritaire dans les rouges. L’AOC Vin de Corse couvre une aire plus large et se décline en dénominations géographiques comme Calvi, Sartène, Figari, Porto-Vecchio ou Coteaux du Cap Corse, chacune avec sa zone et ses règles. Muscat du Cap Corse est une appellation de vin doux naturel, obtenue par mutage. Les proportions exactes se vérifient dans les cahiers des charges.
À table
Les rouges de nielluccio tiennent le sanglier, la charcuterie corse et les fromages de brebis affinés. Les sciaccarellu, plus légers, se servent légèrement rafraîchis sur des grillades ou une volaille. Les vermentinu vont sur les poissons de roche et les crustacés. Le muscat du Cap Corse se sert frais, sur un brocciu ou un fiadone.
