Quatre vignobles en un
Le Pays nantais repose sur le melon de Bourgogne, cépage résistant au gel après l’hiver de 1709, qui donne le muscadet. L’Anjou-Saumur fait du chenin sous toutes ses formes, sec et tendu à Savennières, liquoreux dans les Coteaux du Layon, effervescent en Saumur, et du cabernet franc en rouge. La Touraine ajoute Vouvray et Montlouis pour le chenin, Chinon et Bourgueil pour le cabernet franc, et le gamay en rouge léger. Le Centre-Loire, autour de Sancerre et Pouilly-sur-Loire, est le domaine du sauvignon blanc sur silex, marnes kimméridgiennes et caillottes calcaires, avec un pinot noir en complément.
Le muscadet et ses lies
Le muscadet sur lie n’est pas un argument commercial mais une pratique codifiée. Le vin reste en contact avec ses lies fines tout l’hiver, sans soutirage, et est mis en bouteille directement depuis la cuve d’élevage avant une date limite, ce qui lui laisse un léger perlant et un supplément de gras. L’AOC Muscadet Sèvre et Maine couvre la zone principale, au sud-est de Nantes. Des dénominations communales comme Clisson, Gorges ou Le Pallet imposent des élevages sur lies beaucoup plus longs, comptés en années, et donnent des vins qui n’ont plus grand-chose du muscadet de comptoir.
À table
Le muscadet et les coquillages font l’un des accords les plus solides de la côte atlantique, l’acidité et la salinité du vin répondant à l’iode. Le cabernet franc de Chinon, servi frais, tient les charcuteries et les viandes blanches. Le chenin sec de Savennières va sur les poissons en sauce et les volailles, les liquoreux du Layon sur un fromage bleu plutôt qu’un dessert.
