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Far breton : la recette traditionnelle, avec ou sans pruneaux

17 juillet 2026 17 min de lecture Mis a jour 19 juillet 2026

En bref

  • Far breton, recette traditionnelle : une base ultra simple de farine, œufs, sucre, lait entier et beurre demi-sel, sans parfum ajouté.
  • Far sans pruneaux : la version historique du Finistère, confirmée par des sources comme l’Académie du goût et mise en lumière par la Coupe du monde du far breton de Brest.
  • Far aux pruneaux : un ajout plus récent, lié aux échanges maritimes avec les ports d’Agen, devenu un symbole de la pâtisserie bretonne pour beaucoup.
  • Texture réussie : pâte très fluide, cuisson en deux temps et bonne épaisseur de pâte garantissent un flan breton dense, fondant, proche d’un gâteau moelleux.
  • Budget et organisation : dessert français économique, qui se prépare à l’avance, se transporte bien et se conserve plusieurs jours.

Far breton, entre flan rustique et pâtisserie bretonne : origines et vrai visage

Dans la famille des desserts bretons, le Far breton tient une place à part. Sur une carte de bistrot parisien, on le voit souvent rangé avec les autres desserts « maison », façon flan breton vaguement vanillé. En cuisine finistérienne, l’histoire est plus rugueuse, plus précise, et surtout bien plus intéressante que cette image un peu lisse.

À l’origine, le mot « far » vient du breton farz, qui désigne une bouillie de farine cuite. Rien à voir avec un gâteau d’apparat de pâtisserie. On parle d’un plat de ferme, nourrissant, pensé pour tenir l’ouvrier aux champs. Farz forn, littéralement « bouillie au four », c’est le nom complet du far quand il a quitté la marmite pour le four à pain, à une époque où l’on enfournait le pain, puis les plats, dans la même fournée.

Ce farz forn s’ancre surtout dans deux pays du Finistère : le pays Bigouden au sud, entre Pont-l’Abbé et Penmarc’h, et le pays de Léon au nord, autour de Saint-Pol-de-Léon. Dans ces deux zones, les familles ont affiné les mêmes proportions de farine, d’œufs, de lait entier et de sucre, avec toujours le beurre demi-sel pour signer la Bretagne. Les pruneaux n’y avaient pas leur place au départ, pas plus que la vanille.

Les sources écrites concordent. L’Académie du goût, entre autres, décrit le « véritable far breton » comme un dessert sans fruit, à la texture dense, intermédiaire entre un flan et un clafoutis épais. Dans les carnets de cuisinières léonardes ou bigoudènes du début du XXᵉ siècle, les fruits secs n’apparaissent pas non plus. Le far sans pruneaux n’est donc pas une adaptation moderne, c’est le point de départ historique.

Cette base rurale explique beaucoup de choses. Le far n’était pas un objet de pâtisserie, mais un moyen de transformer du lait frais et des œufs en un dessert français rassasiant pour la maisonnée. Les jours de four, on profitait de la chaleur résiduelle pour cuire ce flan épais directement dans des plats en terre. Le décor, c’était la croûte brunie, pas un nappage de caramel ou une pluie de sucre glace.

La popularité actuelle du far dans la cuisine bretonne doit beaucoup au tourisme et aux restaurants de bord de mer. Pour séduire des clients habitués aux pâtisseries plus riches, les chefs ont ajouté des pruneaux, parfois des raisins, parfois même du rhum ou de la vanille. Le résultat peut être très bon, mais ce n’est déjà plus le même récit. On passe d’un flan rustique et franc à un gâteau moelleux plus urbain, plus codé dessert de restaurant.

Pour comprendre la recette traditionnelle sans se perdre dans les versions modernisées, il faut donc garder en tête cette double identité : un plat paysan de farz forn, codifié dans le Finistère, et une pâtisserie bretonne contemporaine, plus richement garnie, qui partage le même nom sans raconter tout à fait la même histoire.

Proportions précises pour un far breton nature vraiment traditionnel

Préparation et ingrédients de far breton : la recette traditionnelle, avec ou sans pruneau, cuisine

Une fois l’histoire posée, vient le point qui intéresse concrètement les fourneaux : les quantités. Le Far breton, recette traditionnelle, repose sur une logique simple que les cuisinières de Bigoudennie et du Léon ont appliquée instinctivement bien avant les fiches techniques : une sorte de règle de trois autour de l’œuf.

On peut résumer cette logique ainsi : pour 1 œuf, on utilise environ 125 ml de lait entier, 37,5 g de farine T55, 37,5 g de sucre et 12,5 g de beurre demi-sel fondu. Ces chiffres peuvent sembler pointilleux, pourtant ils donnent une pâte très fluide qui, après cuisson, offre une texture dense sans être caoutchouteuse. Multipliez simplement ces bases par le nombre d’œufs adapté à votre moule.

Pour un plat standard de 24 cm de diamètre, 4 œufs donnent un far d’une épaisseur idéale de 3 à 4 cm. Cela suffit pour 6 à 8 parts selon l’appétit. Au-delà, on peut monter à 5 ou 6 œufs, mais il faut alors un moule plus grand ou plus profond pour garder une bonne cuisson au cœur.

Ingrédient Par œuf Far breton nature (4 œufs, moule 24 cm)
Lait entier Farine T55 Sucre
Œufs entiers 1 4
Lait entier 125 ml 500 ml
Farine T55 37,5 g 150 g
Sucre en poudre 37,5 g 150 g
Beurre demi-sel fondu 12,5 g 50 g

Ce tableau sert de base de travail fiable. Le beurre demi-sel joue un rôle clé. Un beurre à 80 % de matière grasse apporte du goût et une texture souple. Un beurre trop allégé ou remplacé par de l’huile donne un far plus plat, moins parfumé, qui se rapproche d’un flan sans relief. Dans un dessert aussi simple, chaque ingrédient compte.

Le lait entier suit la même logique. Avec un lait demi-écrémé, le résultat reste mangeable, mais la texture perd ce côté crémeux qui distingue un vrai flan breton maison d’une copie industrielle. En pratique, un lait entier de ferme ou un lait frais de crèmerie donne une différence nette au palais, surtout le lendemain de la cuisson.

Cette base de far sans pruneaux fonctionne aussi comme socle pour un far aux pruneaux réussi. On n’augmente pas forcément la farine ni les œufs quand on ajoute des fruits secs, on joue plutôt sur la répartition dans le moule et la réhydratation des pruneaux. La structure, elle, repose toujours sur ce rapport œufs-lait-farine-sucre-beurre.

Une fois ces proportions bien ancrées, on peut adapter le volume sans appréhension, pour un petit plat de 2 œufs un soir de semaine comme pour un grand repas de famille. Ce sont elles qui garantissent la constance du résultat, quel que soit le four ou le moule.

Gestes et cuisson : réussir la texture entre flan breton et gâteau moelleux

Une bonne recette de Far breton, ce ne sont pas seulement des chiffres. Les gestes ont autant de poids que les grammes, surtout pour éviter les grumeaux, la pâte qui déborde ou le centre qui reste tremblotant de façon peu engageante. Le fonctionnement d’un far rappelle certains pains rustiques nordiques : peu d’ingrédients, beaucoup de précision.

La préparation commence par le mélange farine + sucre. Ce travail à sec évite que la farine ne forme des paquets collants dès le contact avec le liquide. Viennent ensuite les œufs, un par un, en fouettant avec énergie. À ce stade, la pâte est épaisse, presque collante, c’est normal. C’est ce noyau qui se détend avec l’ajout du lait.

Le lait entier se verse progressivement, en filet, en fouettant sans interruption. On vise une pâte aussi fluide qu’une pâte à crêpes assez liquide. Beaucoup de cuisiniers, inquiets de cette texture presque « trop » coulante, ajoutent de la farine. C’est le meilleur moyen d’obtenir un far sec. La pâte doit rester très fluide, c’est cette apparent fragilité qui donne un dessert français fondant après cuisson.

Le beurre demi-sel fondu se verse en dernier, tiède, jamais brûlant. Une matière grasse trop chaude commence à coaguler les œufs en surface, ce qui nuit à l’homogénéité. Le moule, lui, est généreusement beurré, même si l’on utilise déjà du beurre dans la pâte. Un moule en métal, type plat à gratin en inox ou acier, permet une belle croûte caramélisée. La céramique donne une cuisson un peu plus homogène et douce, pratique pour les fours agressifs.

La cuisson se fait en deux temps. On enfourne d’abord à 220 °C chaleur statique pendant environ 20 minutes. Cette phase saisit le dessus, forme une peau dorée qui empêche la pâte de sortir du moule et crée les ondulations caractéristiques d’un bon far. Ensuite, on baisse à 180 °C pour 30 minutes environ, le temps que l’intérieur atteigne une température entre 88 et 92 °C.

Un thermomètre de cuisson plongé au centre permet de vérifier ce point, surtout pour les gros volumes. Sans thermomètre, on peut se fier à la couleur (brun doré uniforme) et à la lame de couteau qui ressort propre. S’il reste un léger frémissement au centre à la sortie du four, ce n’est pas un problème. Le far continue de se raffermir en refroidissant.

Pour les foyers équipés de robots, certains choisissent une version far breton traditionnel au Thermomix. Tous les ingrédients sont placés dans le bol, puis mixés 30 secondes à vitesse 5. La pâte sort parfaitement lisse, sans grumeaux. Une cuisson à 175 °C chaleur tournante pendant environ 40 minutes, suivie de 30 minutes de repos dans le four éteint, donne un résultat régulier. La texture peut sembler un peu plus légère, le robot incorporant davantage d’air, ce qui convient bien à ceux qui aiment un far proche d’un gâteau moelleux.

Chaque four ayant son caractère, il reste utile de noter, d’une fournée à l’autre, le temps exact qui fonctionne chez vous. Une fois cet accord trouvé entre votre moule, votre four et ces proportions, le far sortira de façon fiable, avec cette ligne tenue entre flan crémeux et gâteau fermement pris.

Far sans pruneaux ou far aux pruneaux : deux écoles, une même base

Arrive le sujet qui divise parfois les tables autant qu’un débat sur le beurre salé dans la brioche : le far doit-il contenir des pruneaux ? Dans la pratique, on trouve aujourd’hui les deux sur les cartes et dans les boulangeries, du far sans pruneaux très sobre au far aux pruneaux chargé en fruits. Les deux ont leur cohérence, à condition de savoir d’où ils viennent.

Historiquement, les pruneaux ne poussent pas en Bretagne. Ils viennent des vergers autour d’Agen, dans le Lot-et-Garonne. Leur arrivée dans la pâtisserie bretonne passe par les routes maritimes. Les marins bretons qui partaient pêcher la morue vers Terre-Neuve faisaient escale dans les ports d’Atlantique, où ils échangeaient poisson séché et autres denrées contre des produits qui se conservaient bien à bord. Les pruneaux d’Agen, sèches et transportables, ont voyagé de cette façon jusqu’aux ports bretons.

De retour à terre, ces fruits secs ont rejoint la cuisine quotidienne. Ils ont fini naturellement dans le far, dont la pâte douce supportait bien ce supplément de goût. L’ajout date vraisemblablement des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, soit bien après que le farz forn existait déjà. C’est un enrichissement par le commerce, pas une base originelle.

Pour un far aux pruneaux réussi, la base reste celle du far nature. On part sur 4 œufs, 500 ml de lait entier, 150 g de farine, 150 g de sucre et 50 g de beurre demi-sel. Côté fruits, une quantité entre 150 et 200 g de pruneaux dénoyautés pour ce volume donne un équilibre correct. En dessous, les morceaux se perdent. Au-delà, la pâte peine parfois à les soutenir, surtout si le far n’est pas assez épais.

Les pruneaux gagnent à être réhydratés 15 à 20 minutes dans un liquide chaud : eau, thé noir ou un mélange thé-rhum ambré pour une version plus adulte. Cette étape évite que les fruits ne pompent l’humidité de la pâte pendant la cuisson. On les égoutte ensuite, on les dépose au fond du moule beurré, en les répartissant régulièrement, puis on verse la pâte par-dessus.

Certains préfèrent une disposition en deux couches, une partie des pruneaux au fond, une partie en surface. Ce montage donne un visuel plus gourmand mais peut gêner la formation d’une croûte homogène. Sur un flan breton à vocation familiale, la version simple, tous les fruits au fond, tient mieux à la découpe et se transporte plus facilement en pique-nique.

Le débat entre nature et pruneaux reste vif. Depuis 2017, la Coupe du monde du far breton organisée à Brest sert d’arbitre officieux. En 2024, le titre est revenu à un far nature, sans pruneaux ni raisins, signé Hélène Kerjean. Sa recette reprenait précisément les proportions traditionnelles du Finistère. Le jury a donc récompensé la version la plus épurée, ce qui donne un argument de poids à ceux qui défendent le far sans fruits.

Dans les faits, il reste pertinent de maîtriser d’abord le far nature, puis de le garnir à sa guise. Une fois le socle bien en place, on peut décliner en version pruneaux, pommes poêlées, voire mélange demi-froment demi-sarrasin pour un parfum plus marqué, tout en gardant la structure qui fait le charme de ce dessert.

Coût, conservation et usages du far breton dans la cuisine de tous les jours

Face aux pâtisseries sophistiquées, le Far breton garde un avantage décisif : il coûte peu et supporte très bien d’être préparé à l’avance. Pour un foyer qui cuisine réellement, ce détail compte souvent plus qu’une fantaisie de dressage. Un plat de far bien mené nourrit six gourmands pour un budget raisonnable, sans matériel complexe.

Pour 4 œufs et un moule de 24 cm, le coût des ingrédients, à partir de prix moyens constatés entre grandes surfaces et marchés, tourne autour de 6 à 12 €. La tranche basse correspond à des produits standard, la tranche haute à un lait entier fermier, des œufs de plein air achetés au marché et un beurre demi-sel de qualité. L’ingrédient le plus cher n’est pas la farine ni le sucre, mais bien le lait et le beurre, surtout en filière courte.

Cette structure de coût explique le succès durable du far dans les familles bretonnes. Quand le four est allumé pour un gratin ou une fournée de biscuits, glisser un far sur une autre grille ne demande qu’une dizaine de minutes de préparation. L’appareil ne nécessite pas de robot sophistiqué, un simple fouet et un saladier suffisent.

Côté conservation, un far nature se garde 48 à 72 heures au réfrigérateur, filmé ou dans une boîte hermétique. Il se mange froid ou à température ambiante, rarement tiède. Un réchauffage agressif au four ou au micro-ondes tend à dessécher la croûte et ramollir le cœur. Beaucoup de gourmands le préfèrent d’ailleurs le lendemain, quand les arômes ont eu le temps de se fondre.

Avec des pruneaux réhydratés ou d’autres fruits, la prudence recommande une consommation en 48 heures. Les fruits apportent une humidité supplémentaire, agréable en bouche, mais qui raccourcit un peu la durée idéale. Dans tous les cas, couvrir le plat évite au far d’absorber les odeurs fortes du réfrigérateur, surtout si des fromages y cohabitent.

Dans le quotidien, le far trouve sa place à plusieurs moments. En Bretagne, on le sert aussi bien en dessert qu’au goûter, accompagné d’un café, d’un bol de lait ribot ou d’un verre de cidre brut. La tranche se transporte facilement dans une boîte pour la pause de milieu de matinée ou une balade en bord de mer, là où une tarte aux fruits fragiles souffrirait beaucoup plus.

Pour ceux qui organisent leurs repas façon « batch cooking », la pâte à far se prête bien à une préparation la veille. On mélange tous les ingrédients, on garde la pâte au frais, puis on la cuit le lendemain matin. Une heure de refroidissement plus tard, le gâteau moelleux est prêt pour un déjeuner de famille. Cette organisation libère du temps au service, le dessert ne demande plus qu’un couteau bien affûté.

Ce mélange de simplicité, de coût mesuré et de bonnes qualités de conservation explique pourquoi le far traverse les modes sans broncher. Dans un carnet de recettes familiales, il a largement sa place, aux côtés des crêpes et du kouign amann, pour toutes ces fois où l’on veut un dessert breton fiable, sans engager une demi-journée en cuisine.

  • Pour un far nature destiné au goûter, prévoyez 1 belle part par personne, soit un moule de 24 cm pour 6 à 8 convives.
  • Pour un buffet où d’autres desserts sont présents, coupez en carrés plus petits, un plat standard peut alors servir 10 à 12 personnes.
  • En pique-nique, emballez chaque portion dans du papier cuisson ou dans des boîtes compartimentées pour préserver la croûte et éviter l’écrasement.
  • Avec des enfants, évitez l’alcool dans les pruneaux, privilégiez une simple réhydratation au thé ou à l’eau chaude.

Quelle différence entre far breton et flan pâtissier classique ?

Le far breton utilise du beurre demi-sel et souvent un peu plus de farine qu’un flan pâtissier, ce qui donne une texture plus dense. La pâte reste très fluide au départ mais cuit en une couche épaisse de 3 à 4 cm, avec une croûte brunie. Le flan pâtissier, lui, est souvent épaissi à la fécule, parfumé à la vanille et cuit sur fond de pâte.

Peut-on réduire le sucre dans un far breton ?

Oui, on peut descendre de 150 g à 120 g de sucre pour 4 œufs sans déséquilibrer la texture, surtout dans un far aux pruneaux où les fruits apportent déjà une douceur naturelle. En dessous, le goût devient plus neutre et se rapproche davantage d’un plat de farine au lait que d’un dessert.

Quel moule utiliser pour un far qui cuit régulièrement ?

Un plat en métal ou en céramique de 24 cm de diamètre, bien beurré, donne de bons résultats. Le métal favorise une croûte plus marquée, la céramique une cuisson plus douce. Le verre fonctionne aussi, mais la coloration peut être un peu plus lente, il faut alors prolonger de quelques minutes la cuisson.

Le far breton se congèle-t-il correctement ?

Il est possible de congeler des parts individuelles, bien emballées, puis de les laisser décongeler au réfrigérateur. La texture devient un peu plus aqueuse, surtout sur la croûte, mais reste agréable pour un goûter simple. Pour un service à des invités, mieux vaut privilégier un far frais.

Comment adapter la recette pour un grand plat familial ?

On applique la règle proportionnelle par œuf. Pour un grand plat rectangulaire 30 × 20 cm, on peut passer à 6 œufs, 750 ml de lait entier, 225 g de farine, 225 g de sucre et 75 g de beurre demi-sel fondu. La pâte doit toujours atteindre une épaisseur de 3 à 4 cm avant cuisson, quitte à ajuster légèrement la quantité de lait.